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    ViaTunisia : câbles sous-marins et souveraineté

    Orange met en service ViaTunisia, câble de 1 050 km reliant Bizerte à Marseille et premier segment opérationnel du système Medusa (près de 8 700 km, 480 Tb/s), cofinancé à 30 % par l'UE. Après les coupures en mer Rouge et en Afrique de l'Ouest, la Tunisie diversifie ses itinéraires et consolide sa résilience numérique.

    15 juin 20263 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    Début juin 2026, Orange a annoncé la mise en service commerciale de ViaTunisia, un câble sous-marin d'environ 1 050 kilomètres reliant Bizerte à Marseille, rapporte Agence Ecofin. Cette nouvelle infrastructure offre à la Tunisie une porte d'entrée supplémentaire vers les réseaux internationaux et s'inscrit dans la multiplication des routes de connectivité entre l'Afrique du Nord et l'Europe, alors que les flux liés au cloud et à l'intelligence artificielle explosent.

    Un premier tronçon du système Medusa

    ViaTunisia est l'un des premiers segments opérationnels du méga-projet Medusa, un réseau sous-marin de près de 8 700 kilomètres destiné à relier les pays du bassin méditerranéen. Une fois achevé, il comptera 24 paires de fibres optiques pour une capacité totale de 480 Tb/s, selon Agence Ecofin. Le système, cofinancé par AFR-IX Telecom, Orange et l'Union européenne, prévoit 17 points d'atterrissement sur les deux rives de la Méditerranée.

    Le segment tunisien est un système point à point ouvert, conçu pour une durée de vie de 25 ans. À Marseille, il se raccorde directement au réseau mondial d'Orange par une boucle urbaine de fibre entièrement redondante qui relie tous les centres de données de la ville, précise Connecting Africa. L'Union européenne finance 30 % des coûts de construction et de gestion de ViaTunisia au titre du programme Connecting Europe Facility (CEF Digital), dans le cadre d'une convention de subvention signée en décembre 2022.

    Marseille, carrefour des câbles

    Le choix de Marseille n'est pas anodin. La ville est devenue l'un des principaux hubs d'interconnexion de données en Europe, point d'arrivée de nombreux câbles venus d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie. Pour la Tunisie, déjà connectée aux systèmes PEACE, SEA-ME-WE 4, Didon et Hannibal, ViaTunisia apporte une capacité supplémentaire et surtout un itinéraire de plus vers ce nœud. Les autorités tunisiennes y voient un catalyseur pour les services cloud, les centres de données, les services publics numériques et les applications d'IA.

    Résilience et souveraineté numérique

    Au-delà de la capacité ajoutée, l'enjeu est avant tout celui de la souveraineté et de la résilience. Les coupures de câbles enregistrées ces dernières années ont rappelé la dépendance des économies aux infrastructures internationales. Le 14 mars 2024, des avaries sur quatre câbles au large de l'Afrique de l'Ouest (WACS, MainOne, SAT-3/WASC et ACE) ont perturbé l'accès à internet dans 13 pays africains, quelques semaines après des coupures en mer Rouge, selon Cloudflare. Agence Ecofin mentionne également des interruptions récentes en Méditerranée.

    En diversifiant ses itinéraires, la Tunisie réduit son exposition aux interruptions et consolide sa position dans l'écosystème numérique régional, à l'heure où la souveraineté numérique s'impose comme un enjeu stratégique pour les États africains. Pour l'Europe, Medusa renforce aussi la sécurité de ses propres liaisons avec l'Afrique, alors que la protection des câbles sous-marins est devenue une priorité face aux risques d'accidents maritimes comme de sabotage.

    Ce que les équipes de veille doivent surveiller

    Pour les opérateurs, les hébergeurs et les entreprises dont l'activité dépend de la connectivité entre l'Europe et l'Afrique, les câbles sous-marins relèvent à la fois de la veille technologique et de la veille géopolitique. Signaux concrets :

    • La mise en service des autres segments de Medusa (Maroc, Algérie, Égypte, Italie, Grèce) et leur calendrier.
    • Les incidents sur les câbles en Méditerranée, en mer Rouge et au large de l'Afrique de l'Ouest, et les délais de réparation.
    • Les nouveaux financements européens au titre de CEF Digital et de la stratégie Global Gateway.
    • Les projets de centres de données en Tunisie et au Maghreb qui s'appuieront sur ces nouvelles capacités.
    • La concentration de vos propres flux sur un nombre limité d'itinéraires, à cartographier avec vos prestataires dans une veille des risques fournisseurs.

    Sources

    Pour aller plus loin

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    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.