NewsCore
    VeilleÉconomieSoftBank

    SoftBank mise 75 Md€ sur la France pour l'IA

    À Choose France 2026, Masayoshi Son annonce 75 milliards d'euros d'investissement en "AI factories" dans les Hauts-de-France, soit la moitié de l'ensemble des annonces de l'édition. Le pari est énergétique autant que financier : 70 % de nucléaire et 95 % d'électricité bas carbone font de la France le terrain idéal pour des datacenters de 5 gigawatts. Les 30 milliards restants restent conditionnels au succès de la première phase d'ici 2031.

    15 juin 20265 min de lecture
    ZOLTY .IE
    ZOLTY .IE

    L'équipe Zolty

    Le 30 mai 2026, Masayoshi Son, le fondateur du conglomérat japonais SoftBank, annonce au sommet Choose France à Versailles 75 milliards d'euros investissement en France pour construire des "AI factories", des campus de data centers destinés à alimenter l'intelligence artificielle, il éclipse tout ce que l'événement avait produit depuis sa création en 2018. À lui seul, il représente la moitié des 93 milliards annoncés lors de cette 9e édition, et surpasse de loin le cumul des huit éditions précédentes.

    Le projet a été monté en à peine deux mois, après une rencontre entre Macron et Son lors d'une visite à Tokyo. La logique de Masayoshi Son est limpide et non sentimentale : la France repose à 70 % sur le nucléaire, avec près de 95 % d'électricité bas carbone, un atout que peu de pays européens peuvent égaler pour alimenter des centres de données énergivores. Une idée qui ne date pas d'hier, puisqu'il est dans les traces de ce qu'Exaion proposait. Le projet devrait développer jusqu'à 5 gigawatts de puissance, soit l'équivalent de trois réacteurs nucléaires tournant à plein régime. Les sites sont identifiés dans les Hauts-de-France : Bosquel dans la Somme, Bouchain dans le Nord, et Dunkerque-Loon-Plage, pour une première phase de 45 milliards fermes à horizon 2031.

    Une rupture plus que financière puisque l'Europe a raté la première vague de l'IA, mais SoftBank parie qu'elle peut encore contrôler les tuyaux par lesquels elle circulera. De cette façon la France deviendra le terrain d'une stratégie d'infrastructure continentale. Les secteurs hautement régulés comme la santé ou la défense pourront bénéficier d'une infrastructure de haute précision sans exfiltrer leurs données stratégiques.

    Toutefois les 30 milliards restants sont conditionnels au succès de la phase 1 de ce fait, la question de la capacité du réseau électrique à absorber un tel choc de demande reste ouverte. Bruxelles salue la démarche mais rappelle les contraintes de l'AI Act.

    Pour aller plus loin

    Tous les rapports

    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.