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    Offensive syrienne : quel avenir pour les Kurdes ?

    Les FDS kurdes, privés de soutien, affrontent un choix : intégration ou résistance face à Damas. Leur avenir dépend des promesses syriennes et de leurs acquis.

    16 février 20265 min de lecture
    Tom Villeneuve
    Tom Villeneuve

    Rédacteur

    Offensive syrienne : quel avenir pour les Kurdes ?

    En l’espace de quelques jours, les forces du nouveau gouvernement syrien viennent de reconquérir la quasi-totalité des territoires précédemment contrôlés par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Cette offensive intervient après l’échec des FDS à intégrer les nouvelles institutions syriennes mises en place par le président intérimaire Ahmed al-Charaa, en poste depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

    Les territoires kurdes ne peuvent désormais s’appuyer que sur quelques places fortes : la poche de Kobané et une bande territoriale du nord-est articulée autour de Tell Tamer, Hassaké et Qamishli. La chute de Tabqa le 18 janvier, suivie rapidement de Raqqa et des zones à l’est de Deir-ez-Zor et de l’Euphrate, signifie la perte de territoires incluant les principaux champs pétroliers et gaziers du pays, déjà remis en exploitation par Damas, ainsi que d’importantes ressources agricoles. L’attaque a été facilitée par plusieurs facteurs convergents : l’érosion du soutien international et local aux FDS, la fin officielle de l’appui américain actée par un accord américano-syrien, le soutien militaire turc à Damas, et les garanties de non-intervention des États-Unis et d’Israël.

    Face à un rapport de forces défavorable, les FDS ont majoritairement battu en retraite, abandonnant sans résistance significative les zones arabes difficiles à défendre. La démotivation des combattants kurdes est accentuée par les dernières promesses politiques formulées par Ahmed al-Charaa : la reconnaissance culturelle, la naturalisation de milliers de Kurdes, l’inscription du kurde comme l’une des langues officielles du pays sont autant de mesures qui étaient impensables à l’ère baasiste.

    Privés d’alliés, les Kurdes se retrouvent en définitive face à un choix stratégique crucial : accepter l’intégration et renoncer à plus d’une décennie d’autonomie, ou bien refuser et s’exposer à une nouvelle offensive potentiellement décisive et meurtrière. L’avenir de la question kurde dépend désormais de la tenue des engagements de Damas et de la capacité des FDS à préserver leurs acquis dans un État syrien recentralisé.

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