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    Mirny ne suffira pas : verrou hydrique kazakh

    La décision finale d'investissement sur le méga-projet éolien Mirny (TotalEnergies, 60 %) illustre la volonté du Kazakhstan de diversifier son économie au-delà des hydrocarbures. Mais un frein structurel s'impose : le stress hydrique contraint les investissements étrangers les plus gourmands en eau, comme les centres de données.

    15 juin 20263 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    La décision finale d'investissement prise en avril 2026 sur le méga-projet éolien Mirny, porté par TotalEnergies (60 %), est l'actualité marquante de la politique énergétique kazakhe. Destiné à alimenter le réseau national, et à terme des usages électro-intensifs comme les centres de données, ce projet illustre la volonté d'Astana de diversifier une économie qui reste très dépendante des hydrocarbures. Mais un frein structurel s'impose : l'eau.

    Mirny, le plus grand projet éolien du pays

    Situé dans la région de Jambyl, dans le sud-est du Kazakhstan, Mirny associe 1 GW d'éolien terrestre (150 turbines) et un système de stockage par batteries de 600 MWh fourni par Saft, filiale de TotalEnergies. Le capital est réparti entre TotalEnergies (60 %), Samruk Energy (20 %) et KazMunayGas (20 %), et l'électricité sera achetée pendant 25 ans par une entité publique, en vertu d'un contrat signé en juin 2023, indique TotalEnergies. La mise en service est prévue en 2028, pour une pleine capacité en 2029, avec une production d'environ 4 TWh par an, soit près de 4 % de la production nationale.

    L'investissement atteint 1,2 milliard de dollars, financé à environ 75 % par un consortium de prêteurs comprenant notamment la BERD et Proparco, précise Energy Global. Le projet s'inscrit dans l'objectif kazakh de porter à 15 % la part des renouvelables dans la production d'électricité d'ici 2030.

    Une économie encore adossée au pétrole

    La diversification n'est pas un slogan. En 2025, le pétrole brut et les produits pétroliers représentaient encore 50,5 % des exportations kazakhes, qui ont totalisé 79 milliards de dollars, selon les données statistiques reprises par The Astana Times. Les majors pétrolières occidentales sont présentes de longue date dans le pays ; l'arrivée de TotalEnergies sur un grand projet renouvelable confirme que le Kazakhstan compte sur les investissements directs étrangers pour financer sa transition, et ouvre des opportunités dans des secteurs adjacents comme le transport d'électricité (plus de 200 kilomètres de lignes nouvelles sont nécessaires pour raccorder Mirny), l'industrie et le numérique.

    Le verrou hydrique

    Le principal frein est ailleurs : la ressource en eau. Dès 2022, le comité des ressources en eau du ministère kazakh de l'Écologie évaluait le déficit hydrique du pays à plus de 17 kilomètres cubes, avec une projection d'environ 23 kilomètres cubes à l'horizon 2030, rapporte Forbes Kazakhstan. Les régions du sud et de l'ouest, qui abritent plus de la moitié de la population, dépendent fortement de la politique hydrique des pays voisins en amont.

    Ce stress hydrique pèse directement sur les projets les plus gourmands en eau. Les centres de données, grands consommateurs d'eau de refroidissement, sont en première ligne, tout comme une partie de l'industrie lourde et de la production thermique. Un durcissement des règles d'usage de l'eau conduirait les investisseurs étrangers à réévaluer leurs projets, ou à privilégier des technologies de refroidissement plus sobres et les zones les moins exposées. L'éolien, lui, consomme très peu d'eau : c'est l'un des rares segments où la contrainte hydrique joue en faveur de l'investissement.

    Le Kazakhstan se positionne ainsi comme un partenaire majeur pour les IDE, mais son exposition au stress hydrique plafonne la portée des investissements susceptibles de porter sa diversification économique.

    Ce que les équipes de veille doivent surveiller

    Pour les énergéticiens, les industriels et les opérateurs numériques qui regardent l'Asie centrale, ce dossier se suit par une veille géopolitique sur le risque pays et une veille sectorielle sur l'énergie. Signaux à suivre :

    • L'avancement de Mirny : chantier, raccordement au réseau, respect de l'objectif de mise en service en 2028.
    • Les nouvelles règles d'allocation et de tarification de l'eau, en particulier pour les usages industriels et le refroidissement des centres de données.
    • Les accords transfrontaliers sur l'eau avec les pays d'amont et les épisodes de sécheresse dans le sud du pays.
    • Les nouveaux appels d'offres renouvelables et l'évolution de la part des hydrocarbures dans les exportations.
    • Les financements des banques de développement (BERD, Proparco), bons indicateurs de la confiance des investisseurs.

    Sources

    Pour aller plus loin

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    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.