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    Maman, je pars faire mon Erasmus à Damas

    L'Union européenne rouvre la coopération Erasmus+ avec la Syrie, mais la limiterait aux échanges académiques, sans les financements dont bénéficient les pays associés. Un geste diplomatique qui risque de rester symbolique tant que les avis aux voyageurs, les visas et la reconnaissance des diplômes freinent les universités.

    15 juin 20263 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    Nous faisions la semaine dernière le point sur la volonté syrienne de rejoindre les programmes d'échange de l'Union européenne via Erasmus+. À l'issue des discussions, l'UE aurait accepté d'établir la coopération, mais en la limitant aux échanges, sans ouvrir à la Syrie les financements réservés aux pays associés au programme. Ces aides peuvent couvrir des bourses pour les étudiants ainsi qu'un soutien aux structures d'accueil. Cette restriction ne doit pas amoindrir la portée diplomatique du geste, mais elle ne doit pas non plus être surjouée.

    Une porte rouverte depuis février

    Le dossier n'est pas nouveau. En février, le ministre syrien de l'Enseignement supérieur, Marwan al-Halabi, a reçu le chef par intérim de la mission de l'UE en Syrie, Michael Ohnmacht, pour discuter de la réouverture du bureau Erasmus+ à Damas, rapporte l'agence italienne ICE d'après SANA. Le ministère se disait prêt à activer le programme avec les universités syriennes, tandis que la partie européenne évoquait la reprise des bourses et l'ouverture d'un point de contact à Damas. Le pays revendique 50 universités publiques et privées et environ 1,1 million d'étudiants.

    Sur le plan juridique, la Syrie figure dans la liste des pays partenaires de la région Méditerranée du Sud du guide du programme publié par la Commission européenne, et non parmi les pays associés, qui participent pleinement à toutes les actions. Ce statut limite d'emblée l'accès aux actions les plus dotées.

    Un dégel européen plus large

    Ce geste s'inscrit dans une normalisation progressive. Le 11 mai, le Conseil de l'UE a rétabli la pleine application de l'accord de coopération UE-Syrie de 1977, partiellement suspendu depuis 2011, et annoncé de nouveaux financements pour la reconstruction, détaille Eunews. L'enseignement et la santé figurent parmi les priorités affichées par le ministre syrien des Affaires étrangères.

    Le verrou des avis aux voyageurs

    Reste un frein concret et souvent sous-estimé : les voyages vers la Syrie demeurent formellement déconseillés par plusieurs États membres, à l'image de la France dans ses conseils aux voyageurs. Cette classification dissuade les établissements européens de formaliser des accords de mobilité sortante, par crainte de complications administratives, assurantielles et de responsabilité envers les étudiants. Dans l'autre sens, les étudiants syriens se heurtent à des obstacles persistants en matière de visas et de reconnaissance des diplômes. L'effet d'annonce risque donc de rester lettre morte tant que ces verrous pratiques ne seront pas levés : un reclassement sécuritaire de la Syrie conditionnerait toute avancée réelle.

    Les enjeux pour les organisations

    Pour les universités, écoles et organismes de formation européens, la réouverture crée une fenêtre de partenariats, mais impose une diligence renforcée : statut des établissements partenaires au regard des sanctions résiduelles, sécurité des personnels en mobilité, couverture assurantielle. Pour les entreprises qui recrutent ou forment dans la région, elle annonce à moyen terme un vivier de profils formés aux standards européens.

    Ce que les équipes de veille doivent surveiller

    • L'ouverture effective du bureau national Erasmus+ à Damas et la publication des premiers appels accessibles aux établissements syriens.
    • Toute évolution des conseils aux voyageurs des États membres, condition préalable aux mobilités sortantes, à suivre dans une veille géopolitique du risque pays.
    • Les décisions du Conseil sur les mesures restrictives encore applicables à des entités syriennes, y compris dans l'enseignement supérieur, via une veille des sanctions internationales.
    • La politique de visas étudiants des principaux pays d'accueil et les accords de reconnaissance des diplômes.

    Sources

    Pour aller plus loin

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    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.