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    Les étoiles de la discorde : Berlin vs IRIS²

    Avec SATCOMBw Stage 4, l'Allemagne prépare une constellation militaire d'au moins cent satellites en orbite basse, portée par Rheinmetall et OHB, au risque de faire doublon avec le programme européen IRIS².

    15 juin 20263 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    L'Allemagne accélère le développement de ses capacités spatiales militaires avec un projet de constellation de satellites de communication en orbite basse (LEO) destinée à la Bundeswehr, sur un modèle souvent comparé à Starlink. Porté par les industriels allemands Rheinmetall et OHB, ce programme, baptisé SATCOMBw Stage 4, doit compter au moins une centaine de satellites. Il inquiète une partie des responsables européens, qui y voient un doublon du programme européen IRIS² et un risque de fragmentation de l'effort spatial de défense.

    Le contexte : 35 milliards d'euros pour l'espace militaire

    Berlin a prévu un budget de 35 milliards d'euros consacré aux technologies spatiales militaires d'ici 2030. Le projet de constellation en est la pièce maîtresse : selon heise online, SATCOMBw Stage 4 doit succéder au système actuel, fondé sur quelques gros satellites géostationnaires, par un réseau d'au moins cent satellites en orbite basse, pour un contrat estimé entre 8 et 10 milliards d'euros. Une première constellation partielle d'une quarantaine de satellites pourrait être opérationnelle dès 2029, précise Euronews.

    L'objectif affiché est de garantir à l'Allemagne une autonomie accrue en matière de communications militaires et de conduite des opérations, sous contrôle national, en couvrant d'abord le flanc est de l'OTAN, tout en réduisant la dépendance aux infrastructures américaines.

    Les acteurs : un consortium allemand, un rôle d'Airbus incertain

    Le 16 avril 2026, l'Office fédéral allemand des ententes (Bundeskartellamt) a autorisé la coentreprise entre Rheinmetall Digital et OHB constituée pour répondre à l'appel d'offres : OHB prendrait en charge les satellites et les stations au sol, Rheinmetall les terminaux et l'intégration au réseau des forces, rapporte heise online. En mars 2026, Airbus Defence and Space envisageait de s'associer à ce duo pour une offre commune, selon Startmag, citant Bloomberg ; la participation effective d'Airbus, présentée comme acquise dans la première version de cet article, n'a pas été confirmée.

    Pourquoi Bruxelles et Paris s'inquiètent

    IRIS², la constellation européenne de connectivité sécurisée, poursuit des objectifs proches à l'échelle de l'Union. Elle doit atteindre 348 satellites (330 en orbite basse, 18 en orbite moyenne), avec de premiers lancements en 2029, selon Euronews. Le programme européen, doté de 10,6 milliards d'euros, est promu de longue date par la France.

    Plusieurs voix ont dénoncé le risque de doublon. La présidente de la commission sécurité et défense du Parlement européen, Marie-Agnes Strack-Zimmermann, a averti qu'une architecture purement nationale, non intégrée à IRIS², risquait « d'affaiblir les structures européennes » et conduirait à des « standards fragmentés », rapporte Startmag d'après Reuters. Le député européen français Christophe Grudler (Renew) a jugé que la fragmentation était rarement l'usage le plus efficace de l'argent public. Berlin répond que les besoins de son armée sont « complètement différents » de ceux couverts par le programme européen.

    L'affirmation selon laquelle le projet allemand acterait un dépassement des capacités françaises de renseignement n'a pas pu être étayée par une source publique : SATCOMBw Stage 4 est d'abord un réseau de communication, et cette comparaison a été retirée.

    Enjeux pour les entreprises

    Pour l'industrie spatiale et de défense, l'arbitrage entre programmes nationaux et européens redessine les carnets de commandes : un même industriel, OHB, fabrique les satellites d'orbite moyenne d'IRIS² et candidate pour le réseau de la Bundeswehr. Les capacités de lancement, la répartition du spectre et les standards d'interopérabilité deviennent des sujets de rivalité industrielle autant que de coopération. Pour les sous-traitants, la question est simple : quel programme sera financé en priorité, et selon quelles règles de préférence européenne ?

    Ce que les équipes de veille doivent surveiller

    • L'attribution du contrat SATCOMBw Stage 4 et son calendrier, premier indicateur de la priorité donnée par Berlin au national.
    • Les déclarations franco-allemandes sur l'interopérabilité avec IRIS², à suivre avec une veille politique des deux capitales.
    • La disponibilité des lanceurs européens en 2029, goulet d'étranglement commun aux deux programmes.
    • Les mouvements industriels (rapprochements, coentreprises, sous-traitance), éléments clés d'une veille géopolitique appliquée à la défense.
    • Les débats budgétaires européens sur le spatial de défense, à intégrer dans la veille réglementaire.

    Sources

    Pour aller plus loin

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    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.