NewsCore
    Veille

    Kampala à l'heure de l'IA : ambitions vs réalité

    L'Uganda DeepTech Summit révèle le paradoxe ougandais : 90 % des organisations prêtes à adopter l'IA, mais bloquées par le manque d'infrastructure énergétique, la fuite des ingénieurs vers les multinationales et la "Pilotitis" — cette tendance à multiplier les pilotes sans jamais industrialiser. Le projet Sunbird AI, qui couvre déjà 31 langues locales, incarne pourtant une vision d'une IA réellement africaine. Par Mathilde Tellier

    15 juin 20265 min de lecture
    ZOLTY .IE
    ZOLTY .IE

    L'équipe Zolty

    Le 30 avril 2026, Kampala accueille l'Uganda DeepTech Summit, révélateur à la fois des ambitions et des contradictions d'un écosystème à la croisée des chemins. Si 90 % des organisations locales se déclarent prêtes à adopter l'IA, le passage à l'échelle industrielle reste le principal obstacle.

    L'Ouganda a intégré l'IA dans son quatrième Plan National de Développement (NDP4), marquant une volonté politique forte de faire de cette technologie un pilier de son économie future.

    Trois chantiers dominent les débats. D'abord, l'infrastructure : le concept du « gâteau à cinq couches » rappelle qu'aucune souveraineté numérique n'est possible sans maîtrise préalable de l'énergie. Ensuite, le capital humain, avec un paradoxe pointé par Malick Diouf (LAfricaMobile) : les meilleurs ingénieurs du continent sont massivement captés par les multinationales étrangères. Enfin, la « Pilotitis », cette tendance chronique à multiplier les projets pilotes sans jamais industrialiser, que la Banque africaine de développement appelle à rompre par une feuille de route souveraine sur dix ans.

    Signal fort : le projet Sunbird AI travaille déjà sur 31 langues locales, posant l'inclusion linguistique comme condition sine qua non d'une IA réellement africaine.

    Pour aller plus loin

    Tous les rapports

    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.