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    IA de surveillance africaine : dépendance chinoise

    11 gouvernements africains ont dépensé plus de 2 milliards de dollars en systèmes de surveillance IA, fournis quasi exclusivement par des entreprises chinoises. Sans cadre légal ni stratégie nationale, ces outils — reconnaissance faciale, biométrie, suivi de véhicules — ont déjà servi à réprimer des opposants en Uganda et au Kenya, révélant une dépendance stratégique croissante vis-à-vis de Pékin. Par Mathilde Tellier

    15 juin 20265 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    Au moins 11 gouvernements africains ont dépensé plus de 2 milliards de dollars en système de surveillance alimenté par l’IA, fournis presque exclusivement par des entreprises chinoises. Ces technologies : reconnaissance faciale, collecte biométrique, suivi des véhicules, sont vendues comme des outils de modernisation urbaine, sans preuve de leur efficacité contre la criminalité.

    Le vide juridique est absolu car aucun cadre légal ne régit ni le stockage ni l’exploitation des données collectées. Les opposants politiques, journalistes et militants en font les frais, les systèmes ayant servi à réprimer des manifestations en Uganda et au Kenya. Le Nigéria est l’un des plus gros acheteurs totalisant à lui seul 470 millions de dollars investis.

    L’enjeu dépasse la seule question des libertés. C’est la dépendance stratégique de l’Afrique vis-à-vis de la Chine qui se dessine, dans un secteur technologique critique. Si l’Union africaine a adopté sa première stratégie continentale IA en 2024, la majorité des pays africains ne disposent toujours pas de stratégie nationale IA, et ceux qui en ont adopté peinent à la traduire en gouvernance effective.

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