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    Accord américano-iranien : vers la fin du blocus ?

    Un mémorandum en 14 points entre Washington et Téhéran prévoit la levée du blocus naval, la réouverture d'Ormuz et le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Les marchés ont aussitôt réagi, mais la signature reste suspendue aux frappes israéliennes sur Beyrouth, le négociateur iranien Ghalibaf doutant de la capacité américaine à tenir ses engagements.

    15 juin 20263 min de lecture
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    L'équipe Zolty

    Washington et Téhéran ont annoncé ce week-end avoir trouvé un accord. Le texte n'a pas été publié officiellement, mais un projet de mémorandum en 14 points obtenu par CNN, dont The National News Desk reproduit l'intégralité, en donne la trame : fin immédiate des hostilités sur tous les fronts, Liban compris ; levée du blocus naval américain ; retour du trafic dans le détroit d'Ormuz à pleine capacité sous trente jours ; négociation d'un accord final sous soixante jours. Un responsable américain affirme que ce texte correspond à celui signé numériquement par Donald Trump, J. D. Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf ; la Maison-Blanche assure qu'il ne reflète pas la version finale.

    Ormuz, mines et péages

    Le projet engage l'Iran à rétablir la navigation commerciale entre le golfe Persique et la mer d'Oman à son niveau d'avant-guerre, y compris en neutralisant les mines et en levant les obstacles techniques. La présence de mines n'a pas été confirmée publiquement, mais l'engagement figure noir sur blanc. Le texte ne dit rien, en revanche, d'une taxe de passage, point que redoutaient les observateurs : Téhéran a plusieurs fois laissé entendre qu'il entendait percevoir des péages, et l'absence de mention ne vaut pas renoncement.

    Avoirs gelés et sanctions

    Le volet financier est central pour Téhéran. Selon l'agence Mehr, citée par Iran International, le projet prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés pendant les soixante jours de négociation, dont la moitié, soit 12 milliards, disponible avant leur ouverture. Le texte publié par CNN prévoit en outre des dérogations immédiates du Trésor américain pour les exportations iraniennes de brut et de produits pétrochimiques, la levée progressive de toutes les sanctions dans l'accord final et un plan de reconstruction économique d'au moins 300 milliards de dollars. L'Iran réaffirme qu'il ne fabriquera jamais d'arme nucléaire et gèle son programme en l'état jusqu'à l'accord final.

    Les marchés anticipent la sortie de crise

    L'annonce a provoqué une forte détente sur les marchés énergétiques. Le Brent est retombé autour de 77 dollars le baril, en baisse d'environ 14 % sur la semaine et de 30 % sur le mois, et le WTI autour de 75 dollars, rapporte Sigmalive : des niveaux plus vus depuis début mars.

    Une signature encore suspendue

    La situation n'est pas entérinée. La signature en personne est prévue vendredi en Suisse, mais les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth ont conduit Ghalibaf à déclarer que les États-Unis manquaient soit de la volonté, soit de la capacité d'honorer leurs engagements, et qu'il n'y avait dès lors aucun sens à poursuivre dans cette voie, rapporte Arab News. Téhéran exige que tout accord mette aussi fin à la guerre au Liban. Compte tenu de ce que chaque camp a déjà engagé dans le texte, une reprise des affrontements paraît peu probable à court terme, mais le calendrier reste fragile.

    Les enjeux pour les entreprises

    Pour les armateurs, assureurs, raffineurs et industriels dépendants du Golfe, la réouverture d'Ormuz signifierait un retour progressif à la normale des routes et des primes de risque de guerre, et une baisse durable des coûts de l'énergie. Les dérogations aux sanctions ouvriraient aussi une fenêtre commerciale avec l'Iran, mais réversible : tant que l'accord final n'est pas conclu, chaque transaction reste exposée à un retour en arrière.

    Ce que les équipes de veille doivent surveiller

    • La signature effective en Suisse et la publication d'un texte officiel, qui seule permettra de lever les incertitudes sur les péages et le calendrier.
    • La reprise réelle du trafic dans le détroit d'Ormuz et les opérations de déminage, indicateurs avancés pour les chaînes logistiques, à suivre dans une veille géopolitique du risque pays.
    • La publication des dérogations du Trésor américain (licences générales, périmètre des services bancaires et d'assurance), à intégrer dans une veille des sanctions internationales.
    • L'évolution du front libanais, principal facteur de rupture des négociations.
    • L'exposition des fournisseurs et transporteurs à la zone, à réévaluer dans le suivi des risques fournisseurs et tiers.

    Sources

    Pour aller plus loin

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    Trois rapports NewsCore qui prolongent l'analyse de cet article.